Extrait du Fouetteur invisible

De BiblioCuriosa.

Extrait de / Excerpt from : Le Fouetteur invisible.


C'était un spectacle capiteux en effet.

Car rien ne saurait rendre l'impression de chaste séduction qui se dégageait de cette adorable fille, en chemise malgré elle, et qui, dans ce costume sommaire, ne faisait montre d'aucune impudeur mais au contraire donnait tous les signes d'une gêne louable, d'un embarras ingénu et charmeur.

Il était clair que la pauvre Berthe croyait en avoir assez fait, et que de la voir en chemise, c'était tout ce que l'on souhaitait.

Comme elle était loin de compte, la pudique et timide jeune fille.

Pouvait-elle imaginer dans sa candeur qu'un homme serait assez osé pour exiger d'une femme qu'elle se mît, devant lui, absolument à nu ?

Tel était cependant le désir de M. Raoul, et, sur un signe qu'il fit, l'officieuse Julie le fit connaître.

Berthe eut peine à en croire ses oreilles.

Comment cela était-il possible ?

— Très possible ! fit Julie. Croyez-moi, n'ayez plus de ces étonnements ou je vous en ferai repentir.

A ces mots qui semaient la terreur au plus profond de son être, la jeune fille ne trouva d'autre ressource que les larmes. Elle pleura avec abondance et ses pleurs étaient entrecoupés par de déchirants sanglots.

Mais cette douleur vraiment respectable et si intense qu'elle fut, n'eut pas pour don de faire chanceler la résolution de M. Raoul. Bien au contraire, si ce chagrin était pour l'émouvoir ce ne fut pas dans le sens que Mlle de Saint-Fer eût pu souhaiter. Il n'en fut que raffermi dans son désir, et Julie qui l'épiait fut prompte à saisir son ordre que, selon son habitude, il lui donna par un signe.

Elle posait sa forte main sur la nuque de Berthe, l'obligea à se courber et, malgré les pleurs et les cris de la jeune fille, elle passa un bras sous son buste pour l'empêcher de s'affaler sur ses genoux. Alors, se retroussant, elle découvrit d'admirables jambes, fortes, nerveuses, élancées, au mollet haut perché et rebondi, à la cheville mince et ronde. Elle mit la tête de Berthe entre ses genoux ; serra, et releva la chemise ; de nouveau, sa main fit retentir des claques nombreuses et nourries sur les malheureuses fesses déjà soumises à de si cruelles épreuves.

Berthe ne pouvait bouger et le bras solide de Julie passé sous son buste lui arrêtait la respiration. Pourtant elle sut crier, gémir, implorer et elle protesta encore qu'elle était prête à obéir, qu'elle se repentait, qu'elle ne le ferait plus, elle le jurait. Tous ses serments ne lui servirent de rien et Julie ne consentit à la lâcher qu'après lui avoir administré, pour le moins, deux douzaines de fortes claques. Plutôt plus que moins. Car la servante, avec une grande libéralité, frappait sans compter, ayant toujours cette crainte de n'en pas donner assez.



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