Extrait de Nymphes et Satyres modernes

De BiblioCuriosa.

Extrait de / Excerpt from : Nymphes et Satyres modernes.


Tout en parlant, la directrice du « pensionnat » s'était précipitée sur la frêle Luce qu'elle avait enlevée comme une plume et jetée sous son bras gauche.

Et, tranquillement, malgré les protestations de ma cousine, dont les bras battaient l'air et dont les jambes gigotaient dans le vide, elle avait rabattu ses jupes sur son dos en les faisant passer, elles aussi, sous son bras gauche.

Luce n'était plus vêtue — en ce qui concerne le bas de son corps — que de ses chaussures, de ses bas et d'une culotte de jersey crème, et c'est dans cette tenue sommaire qu'elle se présentait quand la porte du salon s'ouvrit pour laisser entrer un grand monsieur d'âge mûr, porteur d'un monocle, de favoris et d'une décoration, que Mme de Redon interpella en ces termes :

— Veuillez vous asseoir et m'excuser, Monsieur l'Inspecteur général, je suis précisément en train de corriger une de mes « élèves » dont il m'est impossible de venir à bout par d'autres moyens. C'est l'affaire de cinq minutes et je suis à vous.

— Faites, madame, faites, et prenez tout votre temps, répondit placidement le prétendu inspecteur général.

Et tandis que ma cousine pensait s'évanouir de honte — elle me l'a avoué depuis — à l'idée d'être dénudée et fessée devant ce monsieur, Mme de Redon la déculottait sans se presser, rabattait sa chemise sur son dos et sa culotte sur ses mollets, et la fouettait avec la main si sévèrement qu'elle finissait par lui arracher des cris de douleur et des appels à la pitié... Or l'étrange inspecteur, qui avait retiré son monocle — pour mieux voir sans doute — ne perdait pas une bouchée du spectacle qui semblait l'intéresser prodigieusement. On eût dit qu'il comptait les coups avec le désir de les espacer davantage afin de faire durer le plaisir plus longtemps.



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