Extrait de Au rouge vif

De BiblioCuriosa.

Extrait de / Excerpt from : Au rouge vif.


Le moment solennel, je pourrais dire critique, était venu. J'avais réussi, jusqu'à présent, à conserver mon sang-froid et jouer mon rôle sans défaillances, visibles du moins, mais pourrais-je aller jusqu'au bout et frapper ma victime, passive et sans défense, comme je l'eusse fait au cours d'une lutte dans laquelle sa résistance m'eût grisé ? Elle dut me sentir trembler lorsque je la pris par la taille pour la faire agenouiller sur un coussin et appuyer ses bras et son corps sur un fauteuil.

Elle se laissa faire, et ce fut sans résistance de sa part que je relevai sa robe et son jupon. Il me parut simplement qu'elle avait les yeux fermés et les mains jointes, dans l'attitude de la prière. Dans mon émotion, j'eus à peine un regard pour l'élégance de son pantalon, luxueuse fantaisie de femme coquette ; comme j'essayais d'entr'ouvrir la fente du mignon vêtement, mes doigts frôlèrent sa chair nue... et nous frissonnâmes tous deux. La longueur du corset, qui lui emboîtait étroitement les hanches, ne m'avait pas permis de retrousser aussi haut qu'il l'aurait fallu sa jupe de drap épais et son jupon ; d'autre part, il lui rendait pénible la position que je lui avais fait prendre. Je la priai de se relever ; elle obéit sans résistance et je vis que son visage était baigné de larmes.

Mais je n'étais pas allé jusque-là pour me laisser attendrir. La courbant légèrement sous mon bras gauche, je la plaçai dans la position la plus naturelle en pareille circonstance et relevai de nouveau ses vêtements. Quelque scrupule que j'en eusse, je dus même lui demander de les maintenir. Elle obéit sans mot dire !

De nouveau, j'écartai la fente du pantalon et, repoussant la chemise, je m'efforçai de mettre à nu la plus large surface possible ; mais le vêtement était étroit et ce qu'il recouvrait fort copieux. Ainsi qu'un maillot, l'étoffe plaquait sur la chair, que la posture de Mathilde mettait encore plus en relief, et, des deux globes charnus que j'avais sous les yeux, à peine m'apparaissait-il quelques centimètres de véritable nudité. Avec la griserie des préparatifs, cette vue avait néanmoins suffi pour me plonger dans une émotion, un trouble intenses et bien compréhensibles. Aurais-je la volonté de frapper ? Je sentis que j'allais faiblir, défaillir, si je n'agissais pas ; comme étonnée de ma lenteur, Mathilde se tournait à demi, semblant se dérober à ce qu'elle pouvait, jusqu'à présent, considérer comme des frôlements caresseurs... Je levai la main et la laissai retomber sèchement, rudement sur la chair nue, plusieurs fois de suite, en une succession de claques rapides.

Mathilde s'était peureusement cambrée en arrière, comme une fillette fuyant la correction.

— Oh ! mon Dieu ! pitié ! murmura-t-elle à voix basse.

— Modes gracieuses, certes, mais bien gênantes pour fouetter une dame, articulai-je, la voix tremblante, la gorge sèche et pour paraître plus maître de moi que je ne l'étais réellement ! Permettez, madame, que je vous mette plus à votre aise.

Et je glissai mes mains à sa ceinture pour y chercher, sous ses vêtements, le bouton du pantalon. Elle me saisit la main et se dégagea.

— Que voulez-vous encore, dit-elle ; n'êtes-vous donc pas satisfait ; ne m'avez-vous pas assez avilie ? Par pitié, laissez-moi, maintenant.

— Vous laisser déjà ! N'y comptez pas, madame, et ayez un peu plus de patience. Au reste, il ne dépend que de votre bonne volonté que nous ayons fini, et, si vous ne voulez pas m'agréer comme soubrette, défaites vous-même votre pantalon et laissez-le tomber.

Elle eut un instant d'hésitation, un sanglot lui monta à la gorge, puis elle obéit. Elle dut enlever sa jupe et dégrafer son jupon pour trouver le bouton du pantalon. Je la remis alors dans la même position ; le pantalon ayant glissé jusqu'à ses genoux, maintenu entre ses cuisses nerveusement serrées, je levai la chemise...



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