Extrait de À la baguette

De BiblioCuriosa.

Extrait de / Excerpt from : À la baguette.


Maman attacha mes poignets, mes chevilles et ma taille à des anneaux garnis de cordes. De sorte que je me trouvais fixé comme sur une croix de Saint-André. La peur m’étreignait de plus en plus.

Quel supplice allais-je donc subir pour que son infliction exigeât tant de précautions?

Je grelottais, — de frayeur, car il faisait très doux —, et je sanglotais toujours, mêlant à mes gémissements des supplications tendres qui n’étaient point écoutées.

Lorsque je fus solidement attaché contre le mur, comme je viens de l’indiquer, maman fit glisser mon caleçon et mon pantalon le plus bas possible. Ils s’arrêtèrent sur mes mollets, car l’écartement de mes jambes ne leur permettait pas de descendre plus bas. Mais c’était suffisant. Elle releva ensuite la queue de ma chemise et l’épingla entre mes deux épaules. De nouveau j’éprouvai, — je goûtai —, la honte de ma nudité, honte à laquelle se mélangeait une volupté qui, de plus en plus, s’affirmait victorieuse. Oh! ces instants! Il n’est pas de mots qui puissent décrire ce qu’on y éprouve, ces émois qui font s’arrêter les battements du cœur, ces picotements à la peau, ces frissons qui vous pénètrent, ces effleurements des courants d’air, qui chatouillent fraîchement la peau brûlante et vous font creuser les reins, pour offrir mieux vos chairs aux mille attouchements invisibles de l’air... Et la cinglée des regards de celle ou de celles qui vous ont mis dans cet état!... Et tout cela procure un ensemble de sensations telles qu’il serait doux d’en mourir, là, tout doucement, pour n’avoir plus d’autres instants à vivre...

Ces réflexions, je les ai faites depuis, car ce soir là je n’eus point le loisir de m’attarder à l’étude de mes sensations. A peine avait-elle achevé de m’installer, que maman prit sur la table le long paquet enveloppé d’un journal et le défit. Par-dessus l’épaule je suivais ses mouvements de mes regards embués de larmes, et je vis, — ce à quoi je m’attendais —, que le papier contenait une verge faite de brindilles de bouleau. Maman la fit siffler, en fouettant l’air devant mes fesses, et je sentis quelques gouttelettes tomber sur ma chair.

— Combien de temps l’avez-vous laissée tremper? demanda maman.

— Elle trempe dans le vinaigre depuis deux jours, Madame, répondit Maud.

Je poussai un gémissement d’angoisse.

— Oui mon ami! Nous l’avons mise à tremper dans le vinaigre, cela fouette mieux, plus sévèrement, par conséquent le résultat est meilleur. Vous avez besoin de cela mon ami. Depuis quelque temps vous êtes excessivement paresseux. Vous ne vous rendez pas suffisamment compte des sacrifices que je fais pour vous; il est temps que cela change et je suis résolue à employer les grands moyens. Vous m’en remercierez plus tard avec effusion, lorsque vous comprendrez que, si je ne vous avais pas si sévèrement fouetté comme je le fais, vous seriez resté le plus parfait des cancres. Rentrez donc en vous-même, soyez contrit et, pendant que je vais vous châtier, prenez de bonnes résolutions!

Ceci dit, et Dieu sait si ces paroles ajoutaient encore à la honte qui m’écrasait! elle se pencha sur mon derrière, passa son bras gauche autour de ma taille et commença de m’appliquer les verges cinglantes souples et dures, qui mordaient mes chairs rebondies comme autant de fines cravaches.



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