Extrait de Les Vacances de Suzy

De BiblioCuriosa.

Extrait de / Excerpt from : Les Vacances de Suzy.


Cette femme énigmatique se dressait devant moi comme une œuvre de chair palpitante. Dans son peignoir léger, qui plaquait sur elle, ses formes splendides s'épanouissaient. La main me démangeait. J'aurais voulu toucher un peu à cette statue. Mais je n'osais pas. Ce fut elle qui fit les premières avances.

Comme nous étions toutes deux penchées sur une estampe, son bras frais m'entoura le cou, et sa bouche se posa sur ma nuque. Je fermais les yeux en frémissant. Je sentais courir autour de moi ses lèvres frôleuses, remonter jusqu'au creux de l'oreille, contourner mes joues, puis elles s'arrêtèrent sur ma bouche humide, s'y écrasèrent victorieusement. Nous haletions toutes deux. Beaucoup plus forte que moi, Rosemonde me tenait ployée sous elle, à demi couchée en travers de ses genoux. Une de ses mains expertes me tâtait à travers les robes, puis avant que j'aie eu le temps de faire un mouvement elle les releva. J'essayai de me remettre debout, et de me défendre, mais son regard m'hypnotisait. Elle avait rabattu mes jupes et défait mon pantalon. Je n'avais plus maintenant que ma mince et transparente chemise toute fripée vers le bas. Je sentis l'air battre mes fesses, et je les contractai peureusement. Elle m'avait retournée sur le ventre, et maintenant ployée sur elle comme sur un chevalet, ma position donnait une ampleur soudaine à mon derrière qu'elle flatta d'abord de la main. Puis, à plat, la paume s'abattit sur mes fesses contractées. Cela fît une grande claque qui résonna dans le silence du boudoir. Je poussai un cri d'étonnement douloureux aussitôt couvert par une seconde claque analogue, appliquée avec encore plus de vigueur. Une troisième claque succéda, une quatrième. La sensation était extraordinaire, inouïe ; je n'en avais jamais connu de semblable. Douleur ou volupté ? L'une et l'autre, assurément se dosaient, se mélangeaient alternativement, comme pour un amalgame bizarre. Un feu intense me brûlait la croupe devenue toute rouge, et toute cette partie de mon corps si riche en nerfs sensibles, qui s'épanouissent dans tous les organes de la génération, me causait des tressaillements douloureux qui se répercutaient jusque dans mes parties les plus intimes.

Puis sa main s'arrêta.

Je me retournai sur le dos. Ses yeux brillaient, un sang vermeil affluait à ses pommettes généralement blafardes, cette correction légère lui avait causé une grande surexcitation. Interloquée moi-même, ne sachant au juste si je devais me fâcher ou en rire, je rabattis vivement ma jupe sur les parties mises à nu, et je me plaignis amèrement de son sans-gêne.

« Vous m'en voulez, me dit-elle en me fixant droit dans les yeux, comme pour me fasciner, vous ai-je fait mal ? Je n'osais pas répondre non. Rendez-le moi, me dit-elle, mais pas avec la main, avec ça.

Elle défit la cordelette de soie tressée, qui lui fixait le peignoir à la taille. Celui-ci s'ouvrit. Les formes opulentes de la femme m'apparurent sous la fine chemise de batiste ; les deux seins orgueilleux, le ventre grassouillet, les cuisses potelées et fermes, et la croupe magnifique, blanche et rose. Mes mains tremblaient en saisissant la cordelette. Une intense rougeur m'auréolait le front. Sans dire un mot, Rosemonde fit glisser d'elle-même son peignoir et sa chemise, puis elle alla s'allonger à plat ventre sur un divan, la tête cachée dans le repli de son avant-bras. Alors je n'hésitai plus. Je marchai vers cette femme comme mue par un inexplicable sentiment de vengeance, j'avais hâte de marteler cette chair, d'y laisser la marque sanglante de mes griffes. J'aurais voulu la torturer, et la faire panteler encore vive. Une folie bien spéciale exorbitait mes yeux et armait mon bras. La cordelette siffla lugubrement dans l'air. Cinq fois, dix fois, vingt fois elle s'abattit sur la croupe en claquant comme un fouet. Chaque coup y laissait sa marque rouge qui brunissait rapidement pour devenir aussitôt violette. La chair se tuméfiait. Les jambes écartées, bouleversée par une atroce et douloureuse agonie, Rosemonde se remuait en tous sens sans cesser de geindre. Mais ses pauvres fesses endolories se dérobaient vainement au baiser de ma corde. Elle essaya de se coucher sur le flanc, puis sur le dos. Ma rage s'exerça alors sur ses seins et sur son ventre. Et quelquefois elle poussait de véritables hurlements lorsque la corde, mal dirigée par mes mains encore inexpertes, l'atteignait un peu plus bas.



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