Extrait de Les Mésaventures de Ginette Duthyl

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Extrait de / Excerpt from : Les Mésaventures de Ginette Duthyl.


A peine avait-il fini sa phrase, qu'il était sur moi, et, me saisissant vigoureusement par les épaules, il me retournait sur le ventre. Et je n'étais pas encore revenue de ma surprise que je me trouvais couchée en travers du lit, la tête et le haut du corps pris entre ses jambes, tandis qu'à ma grande indignation il me troussait comme une gamine qu'on va fouetter et rabattait ma jupe et mon jupon sur mon dos.

J'essayai de me dégager par un mouvement brusque, mais une claque brutale sur la partie la plus exposée de ma personne m'obligeait à rester tranquille. Cependant, je comptais encore en être quitte pour quelques gifles comme celle-là.

Hélas ! je n'étais qu'au début de mes avanies et de mes hontes !...

Tranquillement sans se presser, l'inconnu dénouait maintenant les cordons de mon pantalon... Horreur ! il allait me mettre à nu !

Déjà, je me sentais très vexée d'être exposée seulement vêtue de mes dessous intimes aux regards de cet homme dont j'ignorais l'existence une heure auparavant. A la pensée que ces dessous eux-mêmes, qui voilaient tout juste ma nudité, allaient m'être enlevés, je frissonnais d'angoisse et de crainte. Je ne pouvais m'y résigner...

Et, cependant, je dus en passer par là. Déjà, mon pantalon — le plus coquet de mes pantalons, que j'avais orné moi-même d'une broderie de ma façon — descendait le long de mes jambes jusqu'aux chevilles et l'Inconnu relevait ma chemise et la refoulait sous mon corset.

Et j'étais nue, de la taille aux jarrets, entre les mains et sous les yeux de cet homme qui allait me traiter comme je ne l'avais jamais été — même petite fille. C'était à mourir de confusion. Je souhaitais m'évanouir et ne jamais me réveiller, afin de n'avoir aucun souvenir de cette humiliation, de n'être plus jamais obligée de supporter les regards de celui qui m'outrageait ainsi... Hélas ! au lieu de m'évanouir, je me sentais, au contraire, vivre davantage. J'étais fouettée comme une gamine de cinq ans, avec les mains et vigoureusement.

Les cinglades se succédaient, rapides, malgré mes mouvements désordonnés pour les éviter, et les parties atteintes commençaient à me cuire singulièrement.

D'abord, par un reste d'amour-propre, je m'étais retenue de bouger et de me plaindre, supportant la correction sans murmure, pour ne pas avoir l'air de souffrir, et ne remuant pas trop, afin de ne pas montrer ce que je tenais surtout à cacher.

Mais, bientôt, sous la brûlure des claques, toute pudeur morte en moi, malgré la conscience que j'avais du ridicule et de l'indécence de mes contorsions, je ne pouvais plus retenir de violentes ruades qui n'avaient d'autres résultats que d'exposer le plus intime de ma personne tout en m'attirant de nouvelles cinglades plus sèches et plus douloureuses encore.



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