Extrait de Au Royaume du Fouet

De BiblioCuriosa.

Extrait de / Excerpt from : Au Royaume du Fouet.


Dolorès, plus belle que jamais, était étendue sur le lit, dont elle avait rejeté au loin les couvertures. Elle était presque nue, tant son corps se dessinait sous la chemise rose garnie de dentelles. A genoux, l'esclave s'était prosterné. Alors la jeune femme se souleva à demi, et saisissant sur la table de nuit une lourde cravache de cuir, elle en cingla brutalement les épaules de l'homme, traçant sur la chair pâle deux sillons violacés. Médor gémit, mais ne bougea point. Alors Dolorès, certaine maintenant de son pouvoir, se recoucha avec un sourire démoniaque.

— Lèche mes pieds, chien d'esclave ! ordonna-t-elle.

L'homme se précipita, et saisit entre ses mains l'un des petits pieds délicats, à la peau ambrée et aux ongles teints de pourpre. Longuement, avec application, il lécha ce pied mignon et chaud, insinuant sa langue servile entre les doigts, sous le talon, partout... Fréquemment, Dolorès abattait sa cravache sur le dos de l'esclave, lui ordonnant de lécher plus lentement ou plus vite, plus doucement ou plus fort. Elle l'abrutissait littéralement d'ordres contraires, pour le seul plaisir de le commander.

Enfin elle en eut assez, et d'un coup de pied au visage, repoussa son serviteur.

— Prépare moi mon bain ! ordonna-t-elle.

Quand ce fut fait, l'homme dut prendre dans ses bras sa Maîtresse, et la porta jusqu'à la salle de bains. Bientôt Dolorès fut entièrement nue, merveilleuse statue de chair sans un seul défaut, avec des seins altiers dressant leurs bouts roses, un ventre délicat que fleurissait un sombre et soyeux triangle, une croupe gonflée de jeune chair, ferme et élastique, douce au toucher comme un velours...

Tremblant d'émoi à la vue d'une telle splendeur, le baron-esclave se mit au travail : il lava avec précaution les pieds marmoréens, le torse pur, la croupe nerveuse. Ses mains fébriles savonnèrent, massèrent, épongèrent ce corps de déesse. Les yeux mi-clos, un sourire de mépris aux lèvres, la belle Dolorès se laissait servir. Et parfois, sa main mouillée s'abattait à toute volée sur les joues de l'esclave, sans aucun motif...

Après le bain vint l'habillage. Médor vêtit sa maîtresse de son linge soyeux, et d'un tailleur de sport en lainage qui donnait à Dolorès un petit air cavalier.

La Cubaine exigea ensuite que le baron lui servit de siège pendant qu'elle se coiffait. Il s'étendit devant l'armoire à glace : jupes troussées, la jeune femme écrasa de nouveau le visage servile sous son fond de culotte... et elle prit un âpre plaisir à demeurer ainsi pendant plus d'une demi-heure.

Peu à peu, elle s'enhardissait. Il lui vint à l'idée de se servir de l'esclave d'une façon plus humiliante encore. Se rappelant certains détails racontés par Marlène, elle se sentit prête à toutes les hardiesses. Se relevant, elle désigna à l'homme la porte du petit cabinet d'aisance attenant à son appartement.

— Entre là, chien ! Et tu me serviras comme tu sers ta Maîtresse !

L'esclave ayant obéi, Dolorès se dirigea elle-même vers l'intime réduit. Elle ignorait encore, à vrai dire, en quoi consistaient ces services indispensables à la vedette viennoise. Elle ne devait pas tarder à le savoir : l'esclave, avec mille précautions, s'approcha d'elle, et la retroussant jusqu'à la taille, découlissa la petite culotte rose que Dolorès enjamba. L'homme s'enveloppa aussitôt la figure avec le linge intime, encore tout chaud de la chair qu'il emprisonnait. Puis il se coucha à plat-ventre devant le siège, et demeura immobile. Dolorès, le foulant aux pieds s'installa commodément pour satisfaire à ses besoins. Puis elle se releva. Aussitôt l'esclave, enlevant la culotte qui l'aveuglait, se mit à genoux derrière la jeune femme, et approcha son visage de la croupe nue. Cette fois la Cubaine, malgré sa hardiesse, eut un mouvement de recul. Elle devina que Médor, en bon chien fidèle, allait se servir de sa langue pour accomplir le très intime nettoyage. Et sa pudeur s'en alarma. Mais bientôt, elle se moqua de ses propres scrupules : après tout, pourquoi ne pas se laisser faire, puisque l'esclave était dressé pour cela ? Et puis, l'ex-baron n'avait plus de nom d'homme ; c'était seulement une bête humaine, avilie jusqu'au dernier degré, et devant qui on ne devait pas avoir de pudeur.

— Nettoie, sale chien ! dit-elle avec mépris.

Et elle tressaillit de plaisir, en sentant les chaudes caresses pénétrer sa chair intime pour en laver les souillures...